Célébration du centenaire de la naissance d’un géant de la musique azerbaïdjanaise, Jevdet Hajiyev, à deux pas de Westminster

Communiqué de presse – Né à Sheki, Jevdet Hajiyev (1917-2002) est une figure tutélaire de la musique classique azerbaïdjanaise. Au cours d’une longue carrière qui a couvert toute la période soviétique – il a consacré sa toute dernière œuvre aux civils massacrés lors de Janvier noir (1990) à Bakou après le soulèvement populaire – il a composé des pièces dont quelques-unes ont résonné le 24 novembre dans l’univers baroque de St John’s, Smith Square (18ème siècle). Le concert était organisé par Mme Pervin Muradova (fille de Jevdet Hajiyev), avec le parrainage de l’Anglo-Azerbaijan Society, de Rapid Solutions et l’Azerbaijan House, avec le soutien du Cercle Européen d’Azerbaïdjan (The European Azerbaijan Society [TEAS]), en présence de plus de 200 Azerbaïdjanais, diplomates, musiciens et mélomanes.

Jevdet Hajiyev a suivi les cours de musique prodigués par le père de la musique classique azerbaïdjanaise – Uzeyir Hagybeyli – au Conservatoire national, puis par Dimitri Chostakovitch à Moscou, bien qu’il soit resté sous l’influence des compositions traditionnelles d’Azerbaïdjan, en particulier les musiques mugham et ashiq. Reconnaissant son apport à l’élaboration de la tradition symphonique dans la musique azerbaïdjanaise, Dimitri Chostakovitch a commenté : « Jevdet Hajiyev est vraiment un compositeur de talent avec une capacité singulière à écrire de la musique d’une épaisseur symphonique et d’une teneur philosophique évidentes. »

Le concert fait suite aux célébrations de sa vie et de son œuvre organisées au Carnegie Hall (en avril) et à Vienne (en juillet) et qui ont rassemblé des jeunes musiciens de grand talent venus des quatre coins du monde. « Ce soir, nous célébrons l’œuvre du grand compositeur azerbaïdjanais Jevdet Hajiyev, qui était un remarquable ambassadeur culturel de son pays doublé d’un humanitaire de premier ordre, a déclaré Pervin Mouradova. Il était profondément attaché à l’éclosion du talent de jeunes musiciens. Londres occupe une place particulière dans mon cœur, car c’est dans cette ville que sa musique a eu droit à une nouvelle vie. Cette année, Elena Cobb d’EVC Music Publications a publié ses œuvres pour piano pour la première fois depuis plus de 60 ans, dans une édition du centenaire.

« Il est né à Sheki – sur l’ancienne Route de la soie – creuset des civilisations antiques d’Orient et d’Occident. Cela se reflète dans notre programme, qui propose une musique azerbaïdjanaise traditionnelle entremêlée d’éléments de musique classique occidentale, jouée au moyen d’instruments traditionnels azerbaïdjanais et occidentaux. Cette soirée met à l’honneur la belle musique et de jeunes musiciens et artistes parmi les plus doués au monde. »

Mme Muradova a ensuite expliqué l’action de sa fondation « Music Education and Autism Foundation » et souligné le soutien de l’Azerbaijani-American Cultural Foundation (www.azerbaijaniamerican.com) de Miami sous la présidence de Mme Tohva Eminova.

Également au programme, la première britannique d’Azerbaijani Rhapsody – composée par Alexander Peskanov en mémoire de Jevdet Hajiyev et de son épouse bien-aimée pendant 63 ans, la danseuse et chorégraphe azerbaïdjanaise Amina Dilbazi – a permis de s’enthousiasmer pour une série de jeunes pianistes âgés de 11 à 20 ans avec des passages de mugham joués au tar et à la kâmanche par Jeffrey Werbock (Président de la Mugham Society of America). Quatre mouvements du Spring Concerto de Peskanov ont ensuite été joués par des pianistes âgés de 9 à 11 ans.

À ces pièces vient s’ajouter la Sonata rhapsodique d’Hajiyev – incluse récemment dans le recueil de ses œuvres pour piano édité par EVC et jouée par la pianiste chinoise Vivian Fang Liu – et l’emballant Scherzo pour violon et piano, interprété par le duo composé du violoniste turco-azerbaïdjanais Elvin Hoxha-Ganjiyev et la pianiste russo-lituanienne (et résidente britannique) Jelena Makarova.

L’assistance a par ailleurs été ébahie par la performance toute en élégance du jeune pianiste Xiao Haowen (9 ans), qui a joué la « Blague » (« Joke ») et la « Ballade des contes de fées » (« Fairy Tale Ballade ») tirées des « Esquisses musicales » (« Musical Sketches ») d’Hajiyev. Ces œuvres ont été suivies de Ballade d’inspiration très « chostakovienne » jouée par la pianiste américano-azerbaïdjanaise et professeure à l’Université Northeast Florida.

Deux des pièces les plus évocatrices de la soirée ont été interprétées par la glorieuse soprano chinoise Sabrina Özden, à commencer par le poème de l’Azerbaïdjanais Nizami Ganjavi Ey Gul, accompagnée par un orchestre de chambre. Accompagnée cette fois par Jeffrey Werbock (kâmanche) et Jelena Makarova (piano), elle a ensuite prêté sa voix à la berceuse Lay Lay aux paroles signées Suleyman Rustam.

Le concert s’est refermé sur les textures riches de Poem, une pièce pour quatuor à cordes interprétée par Elvin Hoxha-Ganjiyev, la violoniste Sabina Rakcheyeva (première ressortissante azerbaïdjanaise de la Juilliard School de New York), la joueuse d’alto galloise Rachel Byrt et le violoncelliste albanais Hayredin Hoxha.

Le spectacle inoubliable proposé à Londres a rendu l’hommage parfait à la personnalité pacifique, humanitaire et créative qu’était Jevdet Hajiyev.

Pages Annoncées