Exposition à Reims de photos de Bakou prises par Hughes Krafft au 19ème siècle

Communiqué de presse – Des photographies uniques et inédites de Bakou prises au 19ème siècle font l’objet d’une exposition au Musée-Hôtel Le Vergeur à Reims, à l’initiative du bureau français du Cercle Européen d’Azerbaïdjan (The European Azerbaidjan Society - TEAS). Le vernissage a eu lieu le 24 novembre en présence d’une soixantaine de personnes, dont S.E Rahman Mustafayev (Ambassadeur d’Azerbaïdjan en France), S.E. Ecaterine Siradze-Delaunay (Ambassadrice de Géorgie en France) et M. Pascal Labelle (Adjoint au Maire de Reims en charge de la Culture).

Les clichés ont été pris par Hugues Krafft (1853-1935), photographe,  voyageur, pionnier et philanthrope et ancien résident du Musée-Hôtel Le Vergeur. M. Krafft s’était rendu dans le Caucase du Sud en 1896 et 1898 avec la bénédiction du tsar russe Nicolas II. Médaillées d’or de la Société de Géographie de Paris et Prix Montyon de l’Académie française, certaines images avaient publiées par Hachette dans Á travers le Turkestan russe (1902), mais la plupart étaient inédites et aucune n’a été publiée depuis plus d’un siècle.

« Armé » des appareils photos les plus légers de l’époque, Hughes Krafft est revenu du Sud-Caucase – Azerbaïdjan compris – avec plus de 1000 clichés, dont 547 sont conservés dans les archives du Musée-Hôtel Le Vergeur. Témoins d’une une époque et de lieux qui ont pratiquement disparu, ils montrent des sujets tels qu’ils vivaient au quotidien ou souvent habillés de ses plus beaux vêtements, choisis spécialement en l’honneur de ce qui constituait pour eux la première expérience de la photographie pour les sujets. Au total, 26 photographies du Sud-Caucase ont été faites à Bakou en décembre 1898.

Organisée par l’historienne géorgienne Ana Cheishvili et coordonnée par Ulkar Muller (TEAS France), cette exposition fascinante est d’une grande valeur sociologique et ethnographique. La plupart des scènes de la vie quotidienne – dont le décor a souvent disparu – annonçaient dans la forme ce qu’on appelle aujourd’hui des reportages, et représentaient non seulement des populations autochtones bien avant la mondialisation, mais aussi les technologies du passé. À l’inverse, d’autres sites remarquablement préservés, comme le Palais des Chirvanchahs et la Tour de la Vierge de la Vieille Ville (Icheri Sheher, site inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO) n’ont pas changé. 

« Le passage du temps a donné aux photographies de Krafft un caractère unique et en a fait des témoignages irremplaçables de paysages, de monuments, de peuples autochtones, de costumes et de cérémonies… » a déclaré M. Jean-François Cornu (Président de la Société des Amis du Vieux Reims [SAVR] fondée par Hughes Krafft) au cours de son mot de présentation.

« Bakou était une ville de taille moyenne quand Hughes Krafft l’a visitée, mais il était fasciné par son architecture riche de ses apports turc, persan et russe. Krafft était à la fois voyageur, historien, auteur, photographe et ethnologue qui aimait et tout ce qu’il voyait et qui s’en servait pour nourrir sa curiosité. Et grâce à cette exposition, le visiteur d’aujourd’hui peut avoir envie d’aller visiter Bakou. »

« En fouillant les photographies d’Azerbaïdjan archivées dans ces collections françaises, nous avons découvert l’existence de photos représentant les voyages de Hugues Krafft dans le Caucase, et nous avons constaté qu’il n'y avait aucune publication retraçant son voyage à Bakou, a ajouté Mme Marie-Laetitia Gourdin (Directrice de TEAS France). L’exposition que vous allez découvrir ce soir est le résultat de recherches que nous avons par ailleurs publiées chez TEAS Press dans un catalogue éponyme. »

« Des expositions comme celle-ci nous permettent de comprendre l’histoire de Bakou et le rôle de cette ville dans le monde de l’époque, explique S.E. Rahman Mustafayev (Ambassadeur d’Azerbaïdjan en France), saluant cette initiative. Bien que faisant partie de l’Empire russe entre le 19ème siècle et le début du 20ème siècle, puis intégrée à l’Union soviétique dans les années 1920, Bakou n’en a pas moins conservé son identité. »

S.E Ecaterine Siradze-Delaunay (Ambassadrice de Géorgie en France) a pour sa part salué l’importance et la portée symbolique de projets de ce genre en vue d’une meilleure promotion de la culture et de l’histoire des pays du Sud-Caucase en France, les relations historiques entre ces derniers et la ville de Reims, et les liens d’amitié spéciaux qui unissent la Géorgie et l’Azerbaïdjan - deux pays voisins.

« Ces photographes montrent les liens historiques entre Reims et Bakou » a ajouté M. Pascal Labelle (Adjoint au Maire de Reims en charge de la Culture) est quant à lui revenu sur l’importance et le rôle de la photographie comme témoin de l’histoire et de l’héritage culturel.

La soirée s’est poursuivie avec une visite guidée de l’exposition par Ana Cheishvili.

À la découverte de Bakou – Voyages de Hugues Krafft dans le Caucase

Musée-Hôtel Le Vergeur – 36 place du Forum – 51100 REIMS

Exposition permanente du 25 novembre 2017 au 4 février 2018.

Entrée libre. Ouverture tous les jours de 14h à 18h, sauf le lundi.

Informations : 03 26 47 20 75

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