L’équipe qui joue toujours « à l’extérieur » : le Qarabağ FK partage son histoire à Stamford Bridge

Communiqué de presse – Le football et le sport en général sont souvent des facteurs de nivellement. Les règles des différents sports sont comprises dans le monde entier, sans distinction ethnique, religieuse, culturelle ou de nationalité. Mais il arrive parfois qu’un sport ou des sportifs soit les victimes d’un conflit. Ainsi le Qarabağ FK, originaire d’Agdam, a vu son destin chamboulé (et son stade attaqué) par l’invasion arménienne de 1993, qui occupe depuis lors le Haut-Karabagh et les sept régions limitrophes. L’équipe, qui avait déjà perdu son entraîneur Allahverdi Bagirov – tué par une mine antipersonnel – s’est retrouvée dans l’obligation de « déménager » et de jouer ses matchs au stade national Tofik-Bahramov, du nom du fameux « juge de touche russe » qui a validé le fameux « but fantôme » pour l’Angleterre lors de la finale de la Coupe du Monde 1966 face à l’Allemagne de l’Ouest.

Souvent surnommés « Les Cavaliers » en hommage au fameux « cheval du Karabagh », un petit animal robuste à la crinière blonde très utilisé lors des matchs de chovgan (l’ancêtre du polo), les joueurs du Qarabağ FK sont à créditer de bonnes performances sur la scène européenne, avec une série de matchs d’excellente tenue pendant la phase des groupes de la Ligue Europa en 2014.

Marqué par cette histoire incroyable, le journaliste et écrivain américain Thomas Goltz, qui se trouvait en Azerbaïdjan lors de la renaissance du pays en 1991 – qu’il a chroniquée dans son livre Azerbaijan Diary – a réalisé le documentaire On Aggregate, consacré aux épreuves et aux tribulations vécues par l’équipe.

Dans sa présentation du documentaire avant sa première projection européenne le 22 juin à Stamford Bridge, le stade des « Blues » du club de Chelsea, M. Jack Pegoraro (Directeur de TEAS Londres) a replacé ces mésaventures dans leur contexte : « Malheureusement, l’appellation ‘Journée mondiale des réfugiés des Nations Unies’ ne reflète pas tout à fait les difficultés auxquelles font face les personnes déplacées. Or il y a désormais sur Terre plus de déplacés que de réfugiés. Il y a plus de 25 ans, l’Arménie a déclaré une guerre qui s’est soldée par l’occupation de la région azerbaïdjanaise du Haut-Karabagh et des sept régions voisines. Près d’un million d’Azerbaïdjanais sont devenues des personnes déplacées et réfugiées, et malgré l’adoption de quatre résolutions par le Conseil de sécurité des Nations Unies condamnant l’Arménie, pas une seule personne déplacée n’a pu rentrer chez elle.

« Cet état de fait a donné lieu à la situation présentée dans le film. Cela fait 26 ans que le Qarabağ FK ne peut pas jouer ses matchs ‘à domicile’. »

Le documentaire met en lumière l’importance politique acquise par l’équipe dans tout le pays du fait de ses participations à la Ligue Europa. Bien que l’effectif compte plusieurs joueurs étrangers, l’équipe actuelle est composée dans son immense majorité de déplacés d’Agdam, et toute une vague de joueurs issus du centre de formation a grandi dans des familles de déplacés. Comme le résume une banderole fièrement brandie par les supporters pendant le match contre le grand club italien de l’Inter Milan : « Qarabağ – Plus qu’une équipe ». 

L’assistance vivante et composée de fans de football et d’amis de l’Azerbaïdjan a posé toutes sortes de questions à Thomas Goltz : la candidature du film à divers festivals ; le salaire des joueurs azerbaïdjanais ; la découverte du « beau jeu » par un Américain (Thomas) élevé au baseball et au football américain ; son regard de réalisateur sur un sport dont il savait peu de choses ; et des suggestions de nature à faire progresser la sélection nationale azerbaïdjanaise.

Interrogé sur la possibilité de visiter Agdam, Thomas Goltz a répondu : « Agdam, comme le reste du Haut-Karabagh, reste strictement interdit d’accès. La ville a été complètement rasée. À l’entrée de la ville se dresse un mur de plaques d’immatriculation de véhicules azerbaïdjanais confisqués par les Arméniens pendant l’invasion de 1993. Toutes commencent par ‘02’, le préfixe qui indique les voitures ont été enregistrées à Agdam. »

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