La créativité du cinéma azerbaïdjanais fêtée à Paris

Communiqué de presse – Pour la cinquième année consécutive, le bureau parisien de la Fondation du Cercle Européen d’Azerbaïdjan (The European Azerbaijan Society –TEAS) s’est associé à Europa Film Akt (EFA), organisateur du 11ème festival du film L’Europe autour de l’Europe, qui portait cette année le sous-titre Chaos et harmonies. Il a permis à un public composé d’environ 70 cinéphiles parisiens d’assister, pour la première fois en Europe, à la projection de trois remarquables films courts.

Ils ont été projetés le 7 avril à L’Entrepôt, le célèbre espace artistique pluridisciplinaire fondé en 1975 par M. Frédéric Mittérand (ex-Ministre français de la Culture), après le mot de présentation de Mme Irina Bilic (Directrice d’EFA) : « Le festival L’Europe autour de l’Europe collabore pour la cinquième année avec TEAS, qui fait beaucoup pour promouvoir l’Azerbaïdjan dans le domaine culturel. Les films de ce soir se situent juste après l’indépendance du pays et de nos jours.

« Le style soviétique est très reconnaissable dans le dernier film, Fransiz, alors que dans les deux autres, Shanghai, Baku et My Grief is Light, proposent un rapport différent avec le spectateur, basé sur un autre type d’humanité, de langage et de sémiologie. Plusieurs réalisateurs azerbaïdjanais ont pu présenter leur travail au Festival de Cannes. Le cinéma azerbaïdjanais a changé d’époque, et pour plusieurs raisons. Il propose un autre regard sur le monde, avec un style et des techniques de narration différentes. »

« TEAS estime que le cinéma est la méthode la plus efficace pour prendre la température d’une société ou d’un pays, observe Mme Marie-Laetitia Gourdin (Directrice de TEAS France). En l’espace de deux décennies, celles qui séparent les films azerbaïdjanais de 1995 et de 2015 projetés ce soir, l’on peut voir l’évolution d’un pays émancipé de fraîche date de l’Union soviétique.

« Bien que leur styles respectifs les distinguent, les films offrent un regard sur les défis de la société azerbaïdjanaise, notamment la façon dont les traditions affectent (ou pas…) la mentalité nationale, et la place de la jeunesse dans une société azerbaïdjanaise moderne. »

Les deux premiers films sélectionnés sont tout récents. Shanghai, Baku (réalisé par Teymur Hajiyev) s’inspire de la nouvelle de Tchekhov, Un méchant garnement, transplanté à « Shanghai », un quartier pauvre proche du centre de Bakou. Réalisé comme un documentaire, il propose certaines séquences aux dialogues semi-improvisées, tournées caméra à l’épaule, parfois floues, mettant en scène des comédiens non professionnels. Le film précédent de Hajiyev, Torn, avait fait partie de la sélection de la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes en 2014.

My Grief is Light (réalisé par le Moscovite d’adoption Ru Hasanov) réussit le tour de force cinématographique de « capturer » l’essence culturelle de la jeunesse de Bakou. Le film raconte l’histoire d’un jeune homme nihiliste mais doué d’une grande sensibilité musicale. Rejeté de tous, il reçoit un jour une proposition qui va lui permettre de faire un concert pour l’inauguration d’un hôtel de luxe. Se posent alors à lui plusieurs choix, entre la musique et la famille, entre l’argent et la créativité. Là encore, le recours à des mouvements de caméra brutaux plutôt qu’à des changements de plans donne au film un côté documentaire. À cet égard, la séquence d’ouverture où l’on voit de jeunes personnes danser au ralenti dans une discothèque est représentative de l’importance de la musique et de la convivialité du Bakou contemporain. Le premier film de Ru Hasanov, Chameleon, avait fait partie de la sélection du Festival du Film de Locarno en 2013.

Troisième film de la soirée, Fransiz a été réalisé en 1995 par Vagif Mustafayev, l’un des réalisateurs azerbaïdjanais les plus prolifiques, ex-Vice-ministre azerbaïdjanais de la Culture et Secrétaire de l’Union azerbaïdjanaise des réalisateurs. De retour en Azerbaïdjan après des études en France, Alibala ne parle plus que le français. Sa famille épuise toutes les solutions possibles pour qu’il parle à nouveau sa langue maternelle. Les méandres de l’intrigue permettent d’aborder avec humour certains aspects culturels autour desquels l’identité nationale azerbaïdjanaise a pu se reconstruire. Le film propose un dosage habile de surréalisme dans le jeu des comédiens, d’effets sonores particuliers et de techniques de distanciation permettant de créer un monde hyperréaliste.

Articulée autour de films ingénieux et captivants, cette soirée a démontré l’excellent niveau de qualité du cinéma azerbaïdjanais et rappelé la nécessité d’une plus ample distribution de ses œuvres au niveau international.

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