Le modèle azerbaïdjanais du multiculturalisme et de la tolérance comme outil de prévention des conflits à l’honneur lors d’une conférence historique au Siège des Nations Unies à Genève dans le cadre de la Semaine de la paix de Genève

Communiqué de presseLe concept azerbaïdjanais de dialogue interculturel et interreligieux a été présenté comme un exemple à suivre par d’autres pays au cours d’une conférence qui s’est tenue le 7 novembre dernier au Palais des Nations, au siège genevois des Nations Unies dans le cadre de la Semaine de la paix à Genève. Organisée par le Cercle Européen d’Azerbaïdjan (The European Azerbaijan Society - TEAS), le Comité d’État aux Relations avec les Organisations religieuses de la République d’Azerbaïdjan et la Mission permanente de l’Azerbaïdjan auprès du Bureau des Nations Unies et d’autres Organisations internationales présentes à Genève, la conférence Empêcher les conflits par le dialogue interculturel – L’exemple de l’Azerbaïdjan a attiré plus de 70 délégués, dont des ambassadeurs, des représentants de diverses missions diplomatiques, d’ONG, d’instituts de recherche et d’organisations internationales.

En tenant compte de la nature de plus en plus tendue et polarisée d’un monde contemporain en proie à conflits ethniques et religieux, l’exemple de l’Azerbaïdjan – situé au carrefour de l’Asie et de l’Europe – a été cité comme modèle. Depuis les temps anciens, l’Azerbaïdjan présente une nature fondamentalement tolérante, avec un multiculturalisme élevé au rang de politique d’État. Dans cette optique, le gouvernement azerbaïdjanais a organisé les Forums humanitaires internationaux de Bakou et les Forums mondiaux sur le dialogue interculturel, avec le soutien – entre autres organisations – de l’Alliance des civilisations des Nations Unies (UNAOC), de l’UNESCO et du Conseil de l’Europe.

Bakou a accueilli en 2016 le 7ème Forum mondial de l’UNAOC qui s’était terminé par l’adoption de la « Déclaration de Bakou », appelant à un dialogue interculturel que Bakou défend justement depuis près de dix ans. En mai 2017, la capitale azerbaïdjanaise avait accueilli le 4ème Forum biennal sur le thème du Renforcement du dialogue interculturel : nouvelles perspectives pour la sécurité humaine, la paix et le développement durable.

Bakou a par ailleurs été désignée ville-hôte de plusieurs événements internationaux et multiculturels comme les Jeux Européens de Bakou 2015 (organisés sous l’égide des Comités Olympiques européens) et les Jeux de la Solidarité islamique.

« Compte tenu de la singularité de l’Azerbaïdjan et de la laïcité qui y règne depuis près d’un siècle, et de la coexistence pacifique entre toutes les communautés religieuses présentes sur son territoire, nous avons volontairement étendu le débat au dialogue interculturel pour aborder les thèmes de la tolérance et de diversité religieuse », a d’abord précisé Mme Marie-Laetitia Gourdin (Directrice de TEAS France).

M. Nijat Mammadli (Directeur des Relations extérieures au Comité d’État de la République d’Azerbaïdjan aux Relations avec les Organisations religieuses) a d’abord fait projeté un petit film illustrant l’ouverture de l’Azerbaïdjan en matière de multiculturalisme et de dialogue interreligieux, séquence à l’issue de laquelle il a cité le Professeur Roy Olivier, de l’Institut universitaire européen de Florence, qui avait remarqué que « l’Azerbaïdjan était sans doute actuellement le seul du monde où il existe encore des mosquées mixtes où Chiites et Sunnites prient ensemble. »

« Notre tolérance religieuse remonte au 5ème siècle après Jésus-Christ, quand on a donné des terres aux Juifs à Quba, après la période zoroastrienne qui a vu le christianisme devenir religion officielle de l’Albanie du Caucase, a expliqué M. Mammadli. L’Azerbaïdjan a toujours encouragé la foi, quelle qu’elle fut, et aujourd’hui il n’est pas rare de voir des musulmans d’Azerbaïdjan prier aux côtés de chrétiens de Géorgie. D’ailleurs, une nouvelle cathédrale catholique est en cours de construction avec le soutien de l’État.

« L’interprétation azerbaïdjanaise de l’Islam s’appuie sur le soufisme, qui met l’accent sur le besoin d’amour, la fraternité et le respect du caractère universel de l’humanité. Malgré le conflit du Haut-Karabagh qui oppose toujours l’Azerbaïdjan et l’Arménie, l’église arménienne de Bakou est toujours debout et a été restaurée par l’État azerbaïdjanais. Le Pape Jean-Paul II a visité Bakou en 2002, et une nouvelle synagogue a été construite pour les Juifs des montagnes.

« En Azerbaïdjan, il faudrait employer un autre terme que celui de ‘tolérance’ : nous encourageons le dialogue interreligieux, et malgré un rapport de 65%/35% entre Chiites et Sunnites, un sondage indique qu’une faible part de la population (1%) considère qu’il existe des tensions entre ces deux variantes de l’Islam, alors que cette division est à l’origine de conflits sanglants dans beaucoup d’autres pays. »

« Le modèle azerbaïdjanais de laïcité et son expérience pacifique en matière de dialogue interreligieux doit être observé comme un modèle unique et couronné de succès, surtout dans le contexte actuel de la mondialisation et de menaces à grande échelle pour la sécurité, a poursuivi M. Lionel Zetter (Directeur de TEAS).

« Ces dernières années, TEAS a mené divers projets à travers l’Europe et en Azerbaïdjan pour souligner la tolérance religieuse et le multiculturalisme azerbaïdjanais. Il faut dire qu’en Azerbaïdjan, l’expression ‘tolérance religieuse’ est mal vue et son usage n’est pas encouragé, car elle contient une idée de réticence. Les Azerbaïdjanais préfèrent largement célébrer activement la diversité de l’expression religieuse au sein de leur société. »

M. Zetter a ensuite évoqué sa récente visite à Jojug Marjanli, un village azerbaïdjanais autrefois occupé par l’Arménie et libéré au cours de la ‘Guerre des Quatre jours’ de 2016. Saluant le travail accompli pour reconstruire le village, il a abordé le coût en vies humaines d’un conflit toujours aussi volatil tant que la paix ne l’emportera pas.

« C’est pour moi un honneur de prendre la parole sur cette question, ici aux Nations Unies, mais souvenons-nous aussi que le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté, il y a 24 ans, quatre résolutions condamnant l’occupation arménienne qui sont restées lettre morte. Une fois ce problème réglé, Arméniens et Azerbaïdjanais pourront à nouveau vivre côte à côte. », a conclu M. Zetter. 

« Du temps de la République Démocratique d’Azerbaïdjan (1918-1920), les représentants de ce qu’on appelait alors ‘l’Azerbaïdjan du Caucase’ n’ont eu de cesse d’appeler à la reconnaissance par la communauté internationale de l’indépendance azerbaïdjanaise, a fait remarquer M. Daniel Pommier Vincelli (Chercheur et Professeur associé à l’Université Sapienza de Rome). À l’époque, le Haut-Karabagh n’était ni arménien, ni azerbaïdjanais, ni russe, car la conception moderne de l’État n’existait pas.

« L’Arménie a tort quand elle affirme que le Haut-Karabagh lui a été ‘rendu’. Le problème est né au milieu des années 1960 avec l’apparition du nationalisme ethnique en Arménie. Un phénomène devenu patent à la fin des années 1980, au moment où l’effondrement de l’Union Soviétique ne faisait plus guère de doute. »

« Au cours de ma visite à Bakou, j’ai été stupéfaite par ce mélange de tradition et de modernité, a déclaré S.E. Anda Filip (Ambassadrice et Directrice des Relations étrangères de l’Assemblée de l’Union interparlementaire [UIP]). L’Azerbaïdjan respecte l’équilibre de la diversité et se charger d’assurer l’égalité. Toutes les tranches de la population peuvent s’exprimer pleinement, et toute discrimination a été éliminée. La diversité doit se refléter dans l’ensemble de la société, et le dialogue et la coopération entre les cultures doivent être encouragés. »

« L’UIP croit fermement au dialogue politique et à la coopération entre parlementaires de différentes origines et croyances comme moyen de renforcer la compréhension et la construction d’un monde plus paisible, a-t-elle ajouté. Le monde devenant de plus en plus interconnecté et interdépendant, le respect mutuel, la compréhension et la coopération par-delà les clivages culturels sont devenus indispensables. C’était l'objectif de la Déclaration de Saint-Pétersbourg sur le pluralisme culturel et la paix par le dialogue interreligieux et le dialogue interethnique, adoptée lors de 137ème Assemblée de l’UIP en octobre dernier. »

« À Bakou, au cours du Forum humanitaire international de 2017, le Président azerbaïdjanais Ilham Aliyev a fait remarquer que la diversité était menacée, a rapporté S.E. Idriss Jazairy (Ambassadeur et Directeur exécutif du Centre de Genève pour la Promotion des Droits de l’Homme et le dialogue global). Il a déclaré que la montée de la xénophobie, des discriminations, du racisme, de l’islamophobie et de l’antisémitisme au niveau mondial indiquaient des tendances extrêmement dangereuses’, qui à ses yeux, réclament la plus grande attention de la part des responsables du monde entier. Je partage son avis : au 21ème siècle, la xénophobie, l’intolérance et le racisme ne doivent plus gagner de terrain. La diversité et l’intégration ne doivent pas laisser la place à la peur, à la haine et à l’exclusion. »

L’Ambassadeur Jazairy a rappelé que le Centre de Genève s’inscrivait dans l’esprit des initiatives menées par l’Azerbaïdjan dans la promotion de relations pacifiques et amicales entre les nations au niveau mondial. « Notre démarche découle en droite ligne des travaux de la Déclaration de Bakou de 2008 en faveur du dialogue interculturel, que l’on doit au Président Aliyev, poursuit-il. La politique que mène l’Azerbaïdjan en matière d’ouverture du dialogue entre les peuples et les nations est de nature à nous unir, à nous mobiliser et à faire valoir nos devoirs moraux pour résister à l'injustice. »

La conférence s’est refermée sur une séance de questions-réponses animée portant sur des sujets tels que l’enseignement religieux à travers les exemples des Chiites et des Sunnites à l’Académie islamique de Bakou, l’action de l’École juive de Bakou et l’illégalité de l’occupation arménienne du Haut-Karabagh consécutive au nettoyage ethnique.

Les discussions ont notamment porté sur la façon dont cette tradition de dialogue interculturel et de tolérance religieuse pourraient intervenir dans le règlement pacifique du conflit du Haut-Karabagh entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Deux exemples ont été cités : la Plateforme arméno-azerbaïdjanaise pour la paix lancée en 2016 que font vivre de nombreux représentants de la société civile d’autres pays, unis derrière une divise simple : « On vivait et on vivra ensemble ! » ;et la déclaration commune de trois responsables religieux du Caucase (Arménie, Azerbaïdjan et Russie) appelant à « défendre les initiatives pour la paix susceptible de résoudre le conflit du Haut-Karabagh. »

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