Le Parlement britannique met à l’honneur Khodjaly et des œuvres inspirées de la tragédie

Communiqué de presse – Le mois de février est celui de la tristesse en Azerbaïdjan et dans le cœur de ceux qui, dans le monde entier, sont attachés au respect du droit et au caractère sacré de la vie. En effet, c’est au mois de février, il y a 25 ans, qu’a eu lieu le pire épisode du conflit arméno-azerbaïdjanais du Haut-Karabagh : le Massacre de Khodjaly, qui fit 613 victimes civiles, dont 106 femmes, 63 enfants et 70 personnes âgées.

Malgré cette tragédie et d’autres épisodes d’une brutalité inimaginable, l’Azerbaïdjan appelle toujours au règlement pacifique de ce conflit non résolu, comme en témoigne la création récente de la Plateforme pour la Paix, une initiative azerbaïdjanaise dont la mission est de rapprocher des Azerbaïdjanais et des Arméniens de la société civile afin de favoriser la compréhension au niveau humain. C’est dans le même esprit qu’est remis, chaque année, le Prix Khojaly des Arts pour la Paix, créé à l’initiative de la campagne Justice for Khojaly sous l’égide du Cercle Européen d’Azerbaïdjan (The European Azerbaijan Society – TEAS) qui récompense les œuvres artistiques qui véhiculent le mieux le sentiment d’horreur né de la tragédie que l’on sait. La deuxième édition de ce prix instauré en 2016 vient d’avoir lieu, et elle a été l’occasion d’admirer la créativité de nombreux étudiants en Arts du Royaume-Uni.

La remise des prix a eu lieu le 22 février dans le cadre historique de la Strangers’ Dining Room de la Chambre des Communes de Westminster. Y a succédé une soirée qui a rassemblé plus de 100 Londoniens de tous horizons. Les 70 participants ont été départagés par un jury composé de la Très Honorable Baronne Sayeeda Warsi, la Baronne Zahida Manzoor, M. Bob Blackman (député et Président du Groupe parlementaire multipartite pour l’Azerbaïdjan – APPG), Mme Sabina Rakcheyeva (Conseille culturelle de TEAS) et M. Lionel Zetter (Directeur général de TEAS).

« Lors du conflit arméno-azerbaïdjanais, tous les Azéris ont soit été tués, soit contraints de quitter le Haut-Karabagh et les sept provinces limitrophes, arappelé M. Jack Pegoraro (Directeur de TEAS Londres). L’un des moments décisifs s’est produit le 26 février, quand 613 civils non armés – hommes, femmes et enfants – ont été tués par les forces arméniennes d’occupation. À ce jour, qui marque le 25ème anniversaire de cette tragédie, personne n’a été traduit en justice. Des manifestations comme celle d’aujourd’hui permettent de rendre hommage aux victimes et de faire en sorte que de telles tragédies ne se reproduisent jamais. »

« J’ai été sollicitée pour faire partie du jury du concours. Au cours de ma visite en Azerbaïdjan, en compagnie d’autres membres du Groupe parlementaire multipartite pour l’Azerbaïdjan, j’ai eu le privilège de rendre visite à des personnes déplacées en provenance de la région du Haut-Karabagh, a indiqué la Baronne Zahida Manzoor, chargée d’animer la soirée. J’ai été très éprouvée par leurs récits très tristes. Malgré les moments de terreur qu’ils ont vécus, il y avait de l’espoir, de l’amour, de l’harmonie. Ils voulaient la paix et une solution pour le futur. J’ai été profondément émue et touchée par leurs parcours tragiques.

« Animer cette soirée a pour moi beaucoup de sens, car il est question de l’avenir de l’humanité. Quand de telles atrocités surviennent quelque part dans le monde, nous devons faire entendre notre voix et dire ce que nous pensons. En parlant d’une seule voix, nous sommes plus forts face à ce que nous n’acceptons pas.

« Chacune de ces peintures contient une touche d’espoir. Certaines d’entre elles sont même empreintes de paix et d’amour. Dans d’autres, on croise des regards remplis de désespoir et de tristesse. Dans d’autres encore, on admire les ailes d’une colombe de la paix, qui viennent nous rappeler que nous partageons tous la même humanité et le même désir d’aller de l’avant. Il a été très difficile de départager ces œuvres et de désigner les lauréats du Prix Khojaly des Arts pour la Paix, tant ces œuvres expriment toutes la nécessité d’une solution et d’une paix durable. »

C’est Mme Sayeeda Warsi (Baronne Warsi) qui a annoncé les lauréats : le Premier Prix a été remis à Louisa Marriott, étudiante britannique de la Norwich University of the Arts, pour sa toile Tranquillity of Movement. « Il y a une forte dimension politique dans mon travail, et je veux qu’il encourage le changement et affecte le monde d’une manière positive, a-t-elle déclaré dans son mot de remerciement. Ma peinture commémore les 63 enfants tombés à Khodjaly, mais leurs visages sont ceux de réfugiés d’aujourd’hui. Grâce à elle, je l’espère, nous ferons preuve d’une plus grande compassion pour le sort des réfugiés. »

Malgré l’adoption de quatre résolutions par le Conseil de Sécurité des Nations Unies condamnant l’invasion, l’Arménie occupe toujours les régions azerbaïdjanaises du Haut-Karabagh et les sept provinces limitrophes, soit près de 20 % du territoire national, et environ un million de réfugiés et déplacés se répartissent dans tout le reste de l’Azerbaïdjan. La soirée était dédiée à la mémoire des victimes de Khodjaly et des nombreux Azerbaïdjanais dont le seul souhait est de pouvoir rentrer chez eux.

 

Prix Khojaly des Arts pour la Paix 2017

Premier Prix – Tranquillity of Movement de Louisa Marriott

Deuxième Prix – In The Morning d’Ahn Tae-eun

Troisième Prix – Don’t Be Submerged de Ming Ying

Prix spécial – Please Don’t Call Me Refugee de Katie Shevlin

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